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La Syntaxe Neholek

La structure de base

Avant tout, voici un peu de vocabulaire lié à la grammaire assez unique du Neholek :

  • akconesá : Proclitique klapé avant tout verbe pour indiquer son aspect lexical (en allemand, aktionsart).
  • concept : Chaque racine en Neholek est associée à un concept, plutôt qu'à une signification. La signification d'un mot est la somme des concepts qui le compose et de la valeur définie par sa position dans le mot et/ou la phrase.
    • concept primordial : Il y a 16 concepts primordiaux en Neholek. non seulement ce sont les affixes les plus prolifiques, mais ils correspondent en plus aux 16 glyphes syllabiques.
  • klap : Signe de ponctuation «  » spécifique au Neholek, utilisé à la fois comme un trait d’union (par convention, transcrit par un point médian) et une virgule, et fait partie de la structure de l'akconesá.
    Le klap peut être emphasé à l'oral par l'usage d'un clic palatal /ǂ/, par exemple pour une dictée.
  • persona : Suffixe ajouté après n'importe quel mot pour le transformer en verbe. Il consiste en une consonne pour le pronom et une voyelle pour le temps grammatical. Quand la consonne est -k-, le persona est dit référent. Il indique que l'agent est en fait l'entité précédemment mentionnée, l'ordre devenant OSV au lieu de OVS.
    (NB : J'utilise Sujet/Objet ici au lieu d'Agent/Patient parce que le Neholek n'a qu'une seule voix, la voix active)

La phrase de base en Neholek consiste en un sujet et un verbe.

A) Un verbe personaté seul. B) Avec un sujet et un persona référent.
Zipade Tatasalos nenbako
  

La première phrase, Zipade « Ils savent », est composée du concept zipa « knowledge » (lui-même composé des concepts primordiaux Deci  « deixis » et Pana  « science »), et le persona de qui indique une 3ème personne du pluriel et du présent.

La seconde phrase est plus longue d'un mot, parce qu'elle a un sujet. Tatasalos nenbako « Le vice de Papa était la boisson » est en deux parties. Le sujet tatasalos est simplement une agglutination de tata « papa » et salos « faiblesse ». C'est comme ça que tous les mots composés sont formés en Neholek.

Ensuite, le concept nenba « boisson alcoolisée » est personaté en verbe « boire de l'alcool », avec le persona référent ko qui indique que l'action est faite par l'entité précédemment mentionnée, tatasalos, et que c'est une phrase au passé.

Ceci concerne les phrases intransitives. Les phrases transitives, avec un objet, sont faite de la même maniève, avec l'objet (direct ou indirect, ce n'est pas important en Neholek) juste avant :

Eltes batitlekdi Íhikidip ábikabi zizækameike
    

Ici, la première phrase Eltes batitlekdi « Ils doivent agir l'un envers l'autre comme des adelphes » compte deux mots comme l'exemple précédent, mais le persona n'est pas référent. Ça signifie que la première entité eltes « mutuellement » est l'objet de la phrase. Le persona di est une troisième personne du pluriel comme dans le premier exemple, mais ici, -i indique que c'est un impératif. L'ordre est OVS, le persona tenant lieu de sujet.

Dans le second exemple, cependant, il y a trois mots et un persona référent. Dans Íhikidip ábikabi zizækameike « Toutes les personnes naissent libres et égales », íhi·ki·dip « libre·et·égal » est l'objet, ábikabi « tout le monde » est le sujet, et ziz·ækamei « être né » est le verbe. Le persona référent ke indique un temps présent, et ici un présent de vérité générale. L'ordre est OSV, le persona référent n'étant pas un pronom sujet.

 

Est-ce que les adverbes sont… des subordonnées ?

Mon coeur dit oui, ma raison dit non, quelle est la voix de la Raison ? ♫♪

Voici une phrase introduisant deux nouvelles parties du discours en Neholek un akconesá (en turquoise) et un adverbe (en rouge). Comme expliqué ci-dessus, l'akconesá est une petite particuler ajoutée au début d'un verbe pour lui attribuer un aspect, alors que la conception Neholek de l'adverbe inclut tout ce qui modifie l'action décrite par le verbe.

Ça signifie aussi qu'elle a la particularité d'illustrer les deux usages du klap :

Bidi co·limkitke, khonsakpso
    

Comme vous pouvez le voir, l'adverbe est séparé du verbe avec une virgule / un klap espacé. Plus important, il est positionné après le verbe, ce qui est impossible dans une structure classique. C'est parce que l'adverbe, que ce soit un seul mot ou un complément circonstanciel, est traité comme une subordonnée.

La phrase ci-dessus signifie « Les oiseaux peuvent voler pendant des heures ». Nous avont déjà étudié la structure d'une phrase sujet-verbe. Ce qui nous intéresse ici est l'adverbe : individuellement, khonsakpso est simplement le pluriel de khonsak « heure », donc ça signifie littéralement « (des) heures ». Est-ce que ça signifie que la virgule remplace "pendant" ? ɴᴏᴘᴇ.

C'est parce que, comme expliqué en début de page, « heures » est le concept du mot, pas sa signification. Cette partie de la phrase porte sur le concept de plusieurs heures. Le fait qu'elle soit après le verbe, post-klapée, lui donne la valeur structurelle d'un adverbe. Ce que ça signifie au final, c'est que khonsakpso est un modificateur du verbe impliquant plusieurs heure : l'agent fait l'action… pendant des heures.

Il n'y a pas tant à dire quant à l'akconesá : co· est celui qui "active" l'aspect potentiel (équivalent au conditionnel en Français). Potentiel signifie qu'ils peuvent le faire, pas qu'ils le font forcément. Le concept primordial associé à ça est Cone  « Énergie ». Le sujet a l'énergie, le potientiel, la possibilité de le faire. Pour plus d'informations, voir la page dédiée aux concepts primordiaux..

(NB : Par convention, l'akconesá est écrit avec le glyphe syllabique majuscule, mais translittéré en minuscules)

 

La question des questions

Ouais, et les questions dans tout ça ?

Lot ækace, zizaktescei ?
    ?

Parce que tout est question : Mini-Quiz ! Quel est le rôle de Q dans cette phrase ?

La réponse est : l'objet. « Tu fais quoi ? ».

Dans la question ci-dessus, Lot ækace, zizaktescei ? « Comment vas-tu en ce jour ensoleillé ? », nous avons les élements structurels habituels : un objet, un verbe avec un persona non référent, et un "adverbe" qui est ici un complément circonstantiel de temps.

Et les questions fermées dans tout ça ? Hé bien il suffit d'utilise le concept primordial Doli  « Indétermination » (oui, c'est le même que pour l'akconesá du conditionnel) en tant qu'adverbe, ainsi :

Ækakelce, zizaktescei, do ?
     ?

En introduisant une valeur au verbe æka- « être, ressentir » → ækakel- « aller bien », on peut assumer la réponse à la question. Ækakelce, zizaktescei, do ? « Vous allez bien en ce jour ensoleillé, n'est-ce pas ? ».

Pour répondre à une question fermée, on doit répéter la racine du verbe pour dire "oui", et simplement utiliser l'adverbe de négation pour dire "non" :

  • Ækakel  « c'est le cas ».
  • Di  « c'est faux ».

 

Diffusion de la référence

Comme avec beaucoup de langage ayant un système de référence croisée, le persona référent peut être réutilisé dans plus d'une phrase, s'il n'y a pas d'autre sujet identifiable. Voici trois cas de figure. La première phrase est toujours la même, Pelmoszi ziloske « Ce cuir est solide », mais la seconde change.

Cas A :

Pelmoszi ziloske. Maeke.
 . .

Dans ce cas, la deuxième phrase est un verbe seul. Dans Maeke « C'est cher », le persona référent fait toujours référence au cuir. Il n'y a pas d'ambiguïté, la référence est donc transférée d'une phrase à l'autre.

Cas B :

Pelmoszi ziloske. Pelalos íhite.
 .  .

Dans ce cas, la deuxième phrase fait toujours référence à la première, mais le verbe admet un objet, donc le persona ne peut plus être référent : Pelalos íhite « Ça ressemble à une armure », où "Ça" est le cuir.

Cas C :

Pelmoszi ziloske. Pelalos íhike.
 .  .

Dans ce cas, nous avons deux référent… et deux sujets. Ne soyez pas piégés par la structure très similaire; Cette seule lettre changée dans le persona affecte toute la signification. Pelalos íhike signifie « Une armure (y) ressemble ». Du point de vue de la pragmatique, cela fait référence à une armure spécifique que le locuteur a vu (mais il ne peut pas dire pelaloszi « cette armure » à un interlocuteur qui ne l'aurait pas vue).

 

Les Nombres Neholeki

Les nombres grammaticaux:

Le Neholek distingue trois nombres : singulier (non-marqué), pluriel [–pso], et collectif [–(b)i]. Le suffixe est ajouté à la fin du groupe nominal complet. Par exemple : nehaekakolnot « un zombie bleu », nehaekakolnotpso « des zombies bleus », nehaekakolnoti « l'ensemble des zombies bleus ».

(NB : Le suffixe –pso est aussi utilisé comme incrémentiel dans les verbes ; ça n'implique pas que l'action est répétée)

Les nombres mathématiques :

Le nombre 16 est sacré pour le peuple Nehobi. C'est pourquoi ils comptent en hexadécimal. Ils utilisent les chiffres arabes plus six symboles additionnels inspirés de l'usage moderne (X pour le 10 romain, puis B-F) :

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9      

10 vaut en fait 16, 2 vaut 43, et  vaut 255. En savoir plus sur l'hexadécimal.

Chaque chiffre est séparé par sa, qu'on pourrait traduire par « puissance de 16 ». Si un chiffre dans le nombre (sauf celui des unités) est égal à zéro, on n'utilise pas nelsa « 0×16 », mais plutôt la « nul ».

Quelques exemples récursifs :

  •  = 12×16¹ + 15×16⁰ = dot·sa tan (cependant, l'usage veut qu'il soit agglutiné en dotsatan). Cela vaut en fait 207 en décimal.
  • 207 = 2×16² + 0×16¹ + 7×16⁰ = doi·sa la zap (doisalazap). Cela vaut en fait 519 en décimal
  • 519 = 5×16² + 1×16¹ + 9×16⁰ = kon·sa e·sa pi (konsaesapi). Cela vaut en fait 1305 en décimal.
  • 1305 = 1×16³ + 3×16² + 0×16¹ + 5×16⁰ = e·sa hi·sa la kon (esahisalakon). Cela vaut en fait 4869 en décimal.

​Et ainsi de suite. Le système peut sembler compliqué, mais hé, comparez « quatre-cent soixante-treize mille quatre-vingt-dix-huit » et « zapsahisakoksaladek ». Au moins, c'est optimisé !

Le tableau suivant donne les nombres en hexadécimal. Vous pouvez les convertir pour avoir la valeur décimale, mais la prononciation restera la même :

0 nel 10 sa 20 doisa 30 hisa
1 e 11 sae 21 doisae 40 cetsa
2 doi 12 sadoi 22 doisadoi 50 konsa
3 hi 13 sahi 23 doisahi 60 sesa
4 cet 14 sacet 24 doisacet 70 zapsa
5 kon 15 sakon 25 doisakon 80 oksa
6 ses 16 sases 26 doisases 90 pisa
7 zap 17 sazap 27 doisazap 0 deksa
8 ok 18 sakok 28 doisakok 0 elsa
9 pi 19 sapi 29 doisapi 0 dotsa
 dek 1 sadek 2 doisadek 0 zensa
 el 1 sael 2 doisael 0 silsa
 dot 1 sadot 2 doisadot 0 tansa
 zen 1 sazen 2 doisazen 100 sadoila
 sil 1 sasil 2 doisasil 1000 sahila
 tan 1 satan 2 doisatan 3004 hisadoila·elsacet

 

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La Phonologie Neholek [la fo.no.lo'ʒi ne.k͡xo'lɛk]

Voyelles :

Le Neholek a 4 phonèmes vocaux (plus 4 allophones).

 

Consonnes :

Le Neholek a 13 consonnes (plus 3 allophones).

  Bilabiale Dentale Alvéolaire Palato-Alvéolaire Rétroflexe Vélaire
Nasale m   n     ŋ
Occlusive p        b       ʈ         ɖ k        
Fricative   θ        ð s         ʃ         ʒ   x        ɣ
Spirante latérale     l      

 

Correspondance phonologie-orthographe :

IPA Neholek Équivalent en français / anglais / espagnol
/ɑ/ a Comme : pâle
/ɛ/ e Comme : terre
/i/ i Comme : dix
/ɔ/ o Comme : porc
/ɑɪ/ ae Comme : paille
[e] e (après n sauf si suivi d'une nasale,
et en position initiale avant une fricative vélaire)
Comme : dé
[ɪ] i (après une voyelle, en position finale et après c) Comme : fit
[o] o (entre c/d/m/s/t et s) Comme : dôme
[ə] o (avant une occlusive) Comme : petit
 
/p/ p Comme : pas
/b/ b Comme : bus
/ɖ / d Comme : dix (avec le bout de la langue sur le palais)
/ʈ / t Comme : toit (avec le bout de la langue sur le palais)
/k/ k Comme : cake
/x/ h Comme : jota
/ʃ/ c Comme : chien
/ʒ/ z Comme : joie
/n/ n Comme : nu
/m/ m Comme : main
/s/ s Comme : sel
/l/ l Comme : loi
/θ/ ps Comme : think
[ɣ] y (/x/ entre o/e et une voyelle, sauf dans neho) Comme : amigo
[ð] b (entre l ou une voyelle et une autre voyelle) Comme : the
[ŋ] n (before k) Comme : king

 

L'Orthographe Neholek : Nehólek et 

Le Neholek a son propre système d'écriture, le Nehólekizi (). C'est un semi-syllabaire bicaméral, qui comporte 16 lettres de base plus une diacritée et une ligature, et 16 caractères syllabiques.

Les lettres représentent des sons simples, consonnes ou voyelles. La diacritée est un h /x/ adouci, transcrit en y /ɣ/. La ligature est æ /aɪ/.

Les syllabes correspondent aux 16 concepts fondamentaux. Il y a 12 CV, 2 CCV, 1 VV, and 1 CVC. Les caractères syllabiques remplacent uniquement les syllabes issues de la racine du concept dont le symbole provient. (ex : ækae (viande) vient de æka (vie) + -(me)zi (matière) donc on l'écrit  et non ).

Dans la translittération, l'accent aigu marque un accent tonique non-standard, comme en Espagnol.

Les lettres sont : P B D T K H C Z N M S L I O E A (Y Æ).

                (  )

 

Les syllabes sont : Æ NE DO DI TO TE KHO SÍ PÁ CO MEI ZI PSO BI ZÍ SÁ.

               