La Syntaxe de l'Ámérizkunxa

La phrase simple

Phrase intransitive (VᵢSₐ) : Phrase transitive (SₑVₜOₐ) :
Le garçon parle. Ma mère regarde les étoiles.

À l'instar du Basque, l'Ámérizkunxa possède une structure d'actance ergative-absolutive impure. Impre dans le sens où la structure syntaxique de ses phrases est accusative ; il en résulte que le sujet absolutif d'un verbe intransitif est placé après ce verbe comme le serait l'objet absolutif d'un verbe transitif.

Le cas ergatif est marqué [-(e)z] après le nombre, tandis que l'absolutif n'est pas marqué. Il n'y a aucun autre cas en Ámérizkunxa, sauf si on considère la structure génitive comme telle. Un génitif est formé en suffixant le possesseur au possédé avec un trait d'union. Dans notre exemple, ama-niz est « ma mère ».

En forme forte, les verbs transitifs s'accordent à la fois avec l'agent et le patient.
Voir plus sur la conjugaison de l'Ámérizkunxa.

La subordonnée complétive

En Ámérizkunxa, seules les phrases intransitives peuvent être complétée par une subordonnée complétive.

L'écureuil attend [que] les arbres fructifient.

La subordonnée complétive est simplement mise après l'argument absolutif sans pour autant employer une conjonction de subordination. On peut considérer qu'elle prend la place de l'objet, mais le sujet n'est pas ergatif. Ici, pour un verbe intransitif (kald « parler »), l'argument absolutif est le sujet. Comme en Français, le verbe de la subordonnée est conjugué. Lorsque le sujet de la subordonnée est à la troisième personne, on utilisera toujours l'obviative, même s'il est animé. Si l'exemple était dans l'autre sens, les deux verbes seraient conjugués à la "4ème personne" (sagorin parce que bazkak est inanimé, kald parce qu'il ferait partie de la subordonnée).

L'oiseau s'attend [à ce qu']un lézard sorte de terre chaque matin.

Comme indiqué précédemment, la subordonnée est placée après l'argument absolutif, non pas à la fin de la phrase. Ici, la subordonnée possède un verbe transitif, donc le sujet absolutif de la principale, xorri «  oiseau », est suivi de l'agent ergatif de la subordonnée, marru « lézard ». Cela n'affecte pas la structure de la proposition principale.

Cependant, cette phrase comporte un complément circonstantiel (ici, un adverbe de temps). Il est donc placé après la subordonnée, puisque le complément circonstantiel doit être, lui, placé à la fin de la phrase.

La suborbonnée relative

Les pompiers ont mouillé la maison, afin que l'incendie peine à se propager.

Quand une subordonnée est un complément circonstantiel introduit par une conjonction, une locution, ou qu'il s'agit d'une proposition relative au patient (objet) d'un verbe transitif, alors la proposition subordonnée est placée après une virgule, qui doit être suivi de la conjontion adéquate. Ici, xok « pour, afin que » établit un lien de cause à effet entre la principale et la subordonnée, qui seraient sinon deux propositions indépendantes qui pourraient être écrites comme deux phrases séparée (et xok « afin que » pourrait être remplacé par o « et »).

Notez également qu'il y a concordance des temps. Alors que le verbe de proposition principale présente un aspect antérieur sur une conjugaison au présent (ce qui en fait un passé), la subordonnée relative est au présent simple, ce qui fait qu'elle décrit des évènements postérieurs, conséquence de l'action principale.

Question fermées

En Français, il existe deux façons de former une question fermée : soit en commençant une phrase affirmative par "est-ce que", soit en inversant le sujet et le verbe. Cependant, par influence de l'Anglais (avec le "question-tag"), une troisième forme est possible avec la locution interrogative "n'est-ce pas" ajoutée en fin de phrase. En Ámérizkunxa, seule cette troisième forme est utilisée. Il y a trois formes possibles :

  • Atta signifiant « si ? », « je me trompe ? »
  • Ses signifiant « non ? », « n'est-ce pas ? »
  • Dirim signifiant à peu près « promets-tu que ça sera bientôt le cas ? ».

Atta et ses fonctionnent tel qu'on pourrait l'attendre en Français, en cela qu'on utilisera celui qui nous semble correspondre à la réponse la moins probable. L'interlocuteur a alors le choix d'approuver ou de réfuter notre théorie. Dirim est un cas spécial : le locuteur expose un fait à l'interlocuteur, et lui demande s'il est disposé à le modifier.
Exemple : Ƶúz al zauęgisé al ǫrųzúrrená ger anno, dirim ?
« Tu n'as pas encore fait pleuvoir sur nos tête, peux-tu le faire ? »

Questions ouvertes

Les questions ouvertes commencent par un adverbe interrogatif.

Pendant combien de temps le chien s'est-il éloigné de nous?

Dans les phrases transitives, l'agent ergatif est déplacé après le patient absolutif.

commencerez-vous à chercher, une fois que les dragons auront réduit en cendres les villages?

Pour les phrases intransitives, la structure ne change pas. Similairement, si la question comporte une proposition subordonnée, sa structure n'est pas affectée non plus. Dans ce second exemple, retirez ƶelekǫ « où », et vous aurez une phrase grammaticalement correcte, ce qui n'est pas le cas dans le premier exemple.